LES GRILLONS

REVUE DE PRESSE





Dans le numéro du dimanche 13 août 2000,
à la rubrique consacrée au multimédia,
il est écrit sous le titre
le site du lecteur :
"Gilbert Cousteaux, de Toulouse, vient d'ouvrir,
avec son fils Julien, un site entièrement
dédié aux grillons. On a vu.
C'est instructif et amusant
".




A nous Paris

Dans le numéro de la semaine du 26 mars au 1er avril mars 2001
de l'hebomadaire gratuit distribué dans les couloirs du métro,
à la page consacrée au web , il est écrit à la rubrique Télex :
"Un lecteur de A Nous Paris, qui s'avoue monomaniaque,
nous vante la qualité de son site sur les grillons. Et il a raison!
A cette adresse bien faite et complète,
on apprend tout sur ces bruyantes bestioles,
y compris comment les manger, ou s'en débarrasser."

OPIE

Un article sur les grillons, rédigé à partir du contenu du site internet,
a été publié dans le 129e numéro de la revue Insectes, tirée à 1200 exemplaires
(revue trimestrielle d'écologie et d'entomologie de l'Office Pour les Insectes et leur Environnement,
servie sur abonnement).

http://www.inra.fr/Internet/Hebergement/OPIE-Insectes/pdf/i129cousteaux.pdf

L'adresse du site est mentionnée
dans le supplément parisien
de l'hebdomadaire Télérama
(30 août au 5 septembre 2000).






Le grillon, avec ou sans domicile fixe
(article publié dans le numéro du quotidien le Monde
daté du 1er octobre 2000,
sous la signature de Catherine Vincent.
Ce texte a été repris dans une compilation d'histoires naturelles
sous le titre "Foi d'animal - De la puce à l'éléphant"
Seuil - 2002 - 38 euros)



FABRE le disait avec sa poésie coutumière : à sa demeure, le grillon champêtre attache une importance extrême. « Seul de nos insectes, il a, quand vient l'âge mûr, domicile fixe, ouvrage de son industrie. En mauvaise saison, la plupart des autres se terrent, se blottissent au fond d'un refuge provisoire, obtenu sans frais et abandonné sans regret. (...) Le véritable manoir, fondé en vue de sa propre tranquillité, sans préoccupation de chasse ou de famille, le grillon seul le connaît », constatait le naturaliste dans ses irremplaçables Souvenirs entomologiques. Et de soulever aussitôt un mystère, qui, un bon siècle plus tard, n'a pas été résolu : pourquoi cet instinct » existe-t-il chez le grillon des champs et non chez le grillon des villes ?
Car c'est un fait : contrairement au besogneux Gryllus campestris, à la robe jaune paille ponctuée de brun, son plus sombre cousin, le grillon domestique, n'a cure de se bâtir le moindre logis. Est-ce sa moindre stature (16 à 20 mm, contre 20 à 26 mm) ou, simplement, d'autres priorités qui entravent ainsi ses talents de terrassier ? Pour s'abriter des frimas, Acheta domestica ne choisit en tout cas que des refuges préexistants. Grand adepte de la chaleur, il fréquenta assidûment le fournil des boulangers et l'âtre des cheminées. Sa présence dans une maison étant le plus souvent associée à la prospérité - on disait dans le Béarn : « Où il y a des grillons, Dieu habite » -, il y vécut longtemps en paix.
L'EAU ET LA CHALEUR
Vinrent les temps modernes, la fabrication du pain industriel et le chauffage central. Le grillon du foyer, « Souvenir sonore / Des vieilles maisons » pleuré par Lamartine, a dû battre en retraite. Mais il n'a pas pour autant disparu de la capitale. Plein de ressources, il s'est au contraire octroyé l'abri le plus citadin qui soit : le métro. S'ils ont l'oreille fine, les habitués de certaines stations en témoigneront : entre le fracas de deux rames, on peut entendre son cri-cri caractéristique, aussi harmonieux qu'incongru en ces lieux souterrains.
Des grillons dans le métro ? Eh oui ! Dans l'espace compris entre deux quais de station et dans les voies de garage - les deux lieux où il se cantonne -, le petit insecte trouve en effet les deux éléments indispensables à sa survie : l'eau, essentielle à la maturation des oeufs (ils en absorbent jusqu'à doubler de volume), qui suinte ça et là dans les galeries obscures ; et la chaleur, qui émane dix-huit heures par jour des rames et de leurs moteurs. Celle-ci est si vitale qu'une Ligue de protection des grillons du métro parisien (LPGMP), association constituée en 1992, n'a pas hésité à revendiquer la limitation en durée et en fréquence des grèves de la RATP, arguant que celles-ci ont pour effet de faire chuter la température des voies... Et à demander par la même occasion l'assouplissement de la loi Evin - laquelle, en interdisant de fumer dans le métro, prive les pauvres créatures de leurs mégots, source importante d'alimentation.
Qu'on se rassure : le grillon de nos transports en commun ne se nourrit pas seulement de nicotine. Par nature comme par nécessité, il se satisfait cependant de peu. « Il arrive que certains croisent un fruit ou une denrée fraîche cuisinée, mais la plupart se contentent de beaucoup moins, ne serait-ce que parce que l'aspirateur géant de la régie hante et nettoie les voies la nuit. Des miettes tombées des bouches les plus gourmandes, de menues particules d'origine organique et qui achèvent là leur itinéraire : feuilles d'arbres sèches et cassantes, mégots, bouts d'allumettes, brins de laine, coins de papier, bris d'aliments secs constituent l'ordinaire des grillons à tous les âges », précisent les auteurs d'un petit fascicule, Le Grillon du métro (Ed. Boubée, collection « Plaisirs d'insectes », 1988). Apports variés mais peu protéinés que vient heureusement compenser, car l'espèce est cannibale, la consommation intégrale des cadavres des vieux grillons.
Nourri, abreuvé, chauffé, le petit orthoptère prend ainsi, depuis des lustres, ses aises dans le métro parisien. Aux dernières nouvelles, il occupait une trentaine de stations et se portait bien. Glissant de pierre en pierre - il ne saute qu'en cas de grand danger et ne vole jamais, ses ailes du dessus ne lui servant qu'à chanter -, actif tant qu'il fait chaud, c'est-à-dire sans cesse, il continue de se reproduire dans le calme des galeries.
Le mâle y va de sa stridulation amoureuse, frottant ses élytres l'une contre l'autre ; la femelle écoute de tous ses tibias antérieurs, derrière lesquels sont situés ses organes auditifs. Plusieurs touchers d'antennes (que l'un et l'autre ont fort longues), quelques secondes d'accouplement, et le spermatophore prometteur de vie change de corps. La femelle conservera les spermatozoïdes dans son ventre jusqu'au printemps, après quoi elle cherchera un point d'eau, s'établira à son voisinage et pointera son oviscapte (son organe de ponte) dans la terre meuble. Quinze jours plus tard naîtront les grillonnets, blancs comme l'ivoire et longs d'un millimètre. Deux mois et une dizaine de mues plus tard, les petits devenus grands essaimeront à leur tour. A la conquête de la vie, de la ville et du métro de Paris.

Le ciment de la Chine Certains les mettent en cage pour se bercer de leur chant, d'autres les consomment pour leur teneur en protéines, d'autres encore préfèrent leur organiser des combats. Lors d'une exposition présentée en 1999 au Musée olympique de Lausanne, sur le thème : « 5000 ans de sport en Chine : art et tradition », la lutte entre grillons était présentée « comme un lien fédérateur qui cimente la Chine depuis des lustres », du moindre hameau au palais impérial. Autour d'un pot circulaire tenant lieu d'arène, les foules prennent des paris et se pressent pour assister aux affrontements. Ceux-ci se déroulent selon une danse immuable : escrime avec les antennes, écartement des mandibules, prise de mandibules, corps à corps. Quand un grillon rompt le combat, il refuse de le reprendre pendant un jour. Pour lui redonner sa combativité, les Chinois le secouent entre leurs mains jointes.

Pour en savoir plus : http ://perso.wanadoo.fr/grillons/






Dans le numéro d'avril 2002, parmi les sites "nature" retenus :
"Ténor des prairies, le grillon vous réserve un accueil en musique !
Mais le saviez-vous ?
Seuls les mâles stridulent. Champêtres ou domestiques,
ces créatures se retrouvent jusque dans le métro parisien.
Pas étonnant, car "Où il y a des grillons, Dieu habite", avertit un dicton du Béarn.
+ On peut écouter des chants de grillons
- Les illustrations sont trop petites.
"