LES RECONNAITRE
 
"Et quand je mets la petite Fadette en comparaison avec un grelet,
c'est vous dire qu'elle n'était pas belle, car ce pauvre cri-cri des champs
est encore plus laid que celui des cheminées". 
(Petite Fadette - G. Sand)
 
 


Les espèces les plus répandues en Europe de l'Ouest sont
le grillon champêtre qui creuse des terriers dans les prés,
le grillon domestique qui hante les habitations et certaines stations du métro parisien
ainsi que le grillon des bois qui affectionne la litière de feuilles mortes. 



 
Long et beau texte de Jean-Henri Fabre

(deux chapitres de la sixième série des Souvenirs entomologiques)

Article publié dans le Monde
"le grillon, avec ou sans domicile fixe"
(1er octobre 2000) 


 
GRILLON CHAMPETRE
 

(gryllus campestris) 


(1961)

 
 
Le grillon champêtre, d'une stature massive, mesure de 20 à 26 mm.
Sa tête est plus large que le corselet. Ses antennes sont filiformes.
Sa stridulation porte à environ 50 mètres.

Son cycle biologique est d'une année. Le mâle ne chante qu'après

la dernière mue, la dixième qui intervient 9 à 10 mois après la naissance.

Le Gryllus campestris est le seul grillon à creuser un terrier,
parfois allant jusqu'à 20 ou 30 cms de profondeur,
d'où il sort quand le soleil chauffe pour manger, chanter à l'entrée,
sur une petite terrasse bien entretenue,
et s'accoupler, à la suite de quoi la femelle,
vient pondre dans le terrier du mâle.


A l'automne, il s'y enterre et bouche l'entrée pour tout l'hiver.
Son cousin , le Gryllus bimaculatus, dans le Sud, ne creuse pas
et se contente de se cacher sous quelque pierre ou motte de terre.

 

(timbres)

Petit, râblé et craintif : le grillon des champs a été désigné comme insecte de l'année 2003 en Allemagne.
De couleur noire, ces animaux qui peuvent atteindre une longueur de deux centimètres
sont devenus célèbres grâce à leur chant si caractéristique.
Leur population tend pourtant à se réduire en raison de la destruction de leur biotope
et ils ont d'ores et déjà disparu de certaines régions.

Depuis 1999, une commission de scientifiques désigne un "insecte de l'année"
afin d'attirer l'attention sur ce groupe animal qui, dans le monde entier,
compte le plus grand nombre d'espèces différentes.

60 % environ des espèces animales actuellement répertoriées sont des insectes,
et on estime généralement que l'ensemble de ce groupe
constitue 90 % du monde animal.
La destruction de leur biotope conduira à la disparition
d'un grand nombre de ces espèces, avant même qu'elles n'aient pu être observées.  


 
Zone d'habitat du grillon champêtre

 




 
 
GRILLON DOMESTIQUE
 

(acheta domesticus)

 
 
Mesurant de 16 à 20 mm, le grillon domestique est plus frêle que le grillon champêtre.

Sa stridulation est plus douce et la durée des pauses moins régulière.


Cette espèce ne peut durablement se maintenir
qu'à l'intérieur des bâtiments. Recherchant la chaleur, son refuge privilégié

était les fournils des boulangers.




Couloir avec tapis roulant de la station de métro Montparnasse-Bienvenüe

Affiche dans la station de métro Champs-Elysées-Clémenceau

Aujourd'hui, on en trouve dans certaines
stations du métro parisien, particulièrement sur les lignes 3 et 9.

   
 
La Ligue de Protection des Grillons du Métro Parisien (L.P.G.M.P.),
association constituée en 1992, comprenant une centaine de membres,
se propose de promouvoir l'existence des grillons dans le métro
et veille au maintien de leurs conditions de vie.

Elle revendique notamment la limitation en durée et en fréquence des grèves
qui ont pour effet de faire chuter la température dans les galeries
ainsi que l'assouplissement de la loi Evin qui, par l'interdiction de fumer,
prive les grillons de mégots, source importante de nourriture.
http://perso.wanadoo.fr/antoine/lpgmp



En 1993, un député a crée l'Amicale Parlementaire
pour le Soutien aux Grillons du Métro.
 




 

Le grillon du métro - Bérenger-Lévêque - Chez Boubée- 1988
(2,75 euros- plusieurs planches photographiques)


 
 
 
GRILLON DES BOIS
 
(nemobius sylvestris)
 
 
Petit grillon de moins d'un centimètre, très agile,
jouissant d'une bonne aptitude au saut, appartenant
à une espèce abondante signalée dans tous les pays d'Europe de l'Ouest.
Sa stridulation entrecoupée de pauses évoque un message en morse.
Il se nourrit de feuilles sèches, en particulier de chêne.
Son cycle biologique présente la particularité de s'étendre
sur deux années, ce qui est exceptionnel chez les orthoptères.